fbpx

A la rencontre du chercheur Wouter De Coster


La Fondation Recherche Alzheimer finance, avec une subvention de 100.000 euros pour une période de deux ans, la recherche de Wouter De Coster. Découvrez son interview.

Quel est votre parcours ?

Né à Anvers, je suis arrivé au Centre de neurologie moléculaire de la VIB durant mes études de biochimie et de biotechnologie. Ce cntre s’est avéré être l’environnement idéal pour la recherche génétique, sur la démence à corps de Lewy lors de mon premier cycle, sur la maladie de Parkinson pendant ma thèse de maîtrise et ensuite sur la démence frontotemporale durant mon doctorat. Ce dernier projet d’étude intégrait l’utilisation de nouvelles technologies de séquençage et des méthodes bioinformatiques. Les avancées technologiques ouvrent le champs des possibles. Cependant, parvenir à une utilisation optimale de celles-ci et à une analyse appropriée des données n’est pas sans difficultés. Durant les quatre années de mon doctorat, j’ai troqué l’éprouvette contre le clavier pour me consacrer à la programmation, au développement de logiciels et à l’analyse de données. Je travaille maintenant comme chercheur postdoctoral pour l’analyse de données à l’échelle de la population et le développement de nouveaux logiciels.

Pouvez-vous décrire le projet qui est financé par notre fondation ?

Nous savons que certaines personnes ont un risque génétique plus élevé de développer un jour une démence frontotemporale. Ces dernières années, il a été demontré que l’on peut très bien identifier les morceaux d’ADN ayant une variante à risque de proximité. Il est cependant beaucoup plus difficile de déterminer avec précision quelle variante et quel gène sont effectivement responsables de ce risque accru. Il s’agit souvent d’effets subtils, par exemple une légère augmentation de la délétion d’un gène dans l’ARNm puis dans la protéine.

Mon projet part de ces emplacements à risque dans l’ADN et, en utilisant une combinaison de nouvelles méthodes de séquençage de l’ADN et de l’ARNm, je recherche les variantes fonctionnelles. Pour l’ADN, nous utilisons le séquençage nanopore pour déterminer de longs tronçons en une seule fois, plutôt que de lire de petits morceaux et de les reconstituer. Il est ainsi possible de détecter des variantes structurelles de l’ADN plus importantes. Pendant longtemps, pour l’ARNm, toutes les cellules du cerveau constituaient une sorte de smoothie, ce qui rendait impossible la détermination des processus défaillants dans des types de cellules spécifiques tels que les neurones. De cette façon, beaucoup d’informations étaient perdues. Cela est désormais résolu grâce au séquençage de l’ARNm cellule par cellule.

Quel serait le meilleur résultat de votre recherche ?

Une fois que nous saurons quels gènes et variantes sont pertinents et augmentent le risque de démence, nous aurons fait un pas de plus vers  l’identification des processus cérébraux défaillants. Nous pourrons alors déterminer quelles protéines sont des candidats appropriés pour le développement d’un médicament permettant de ralentir ou d’arrêter la maladie.

Etait-il important que votre projet soit financé par la Fondation Recherche Alzheimer ?

Etant donné qu’il n’est pas facile de trouver des financements en tant que jeune scientifique, cette subvention est un immense coup de pouce à la fois pour la recherche sur la démence et pour ma carrière. Je pense vraiment que nous pouvons faire la différence avec ce projet et faire ainsi avancer la recherche contre Alzheimer.