Malentendus


Malentendus à propos de la maladie d’Alzheimer

Outre la maladie d?Alzheimer, il existe bien entendu d?autres formes de démence. Il ne faut certainement pas confondre tous les signes extérieurs qui indiquent une détérioration sensible des fonctions cérébrales avec la maladie d?Alzheimer.

Tant pour les médecins que pour les proches du patient, il est essentiel de connaître le diagnostic exact. En effet, le verdict aura un lourd retentissement sur l?avenir de toutes les personnes intéressées.

Les troubles qui vont de pair avec le vieillissement tels que les altérations de la mémoire ou encore la perte d?acuité auditive ou visuelle ne sont certainement pas le signe de la maladie d?Alzheimer.

Afin de dissimuler leurs petits problèmes à leur entourage, il arrive que les personnes âgées adoptent un comportement inhabituel qui amène les autres à les taxer de ?séniles?, sans la moindre raison.
On court même le risque de ne pas identifier la cause réelle de leurs troubles, avec pour conséquence que ces personnes âgées restent aux prises avec leurs problèmes.

L?audition et la vue

Un individu qui réagit moins rapidement aux événements ou aux conversations est susceptible de souffrir de surdité ou d?une perte d?acuité visuelle, deux problèmes qui n?ont peut-être pas été diagnostiqués. Avant de pouvoir parler de comportement démentiel, il convient au préalable de procéder à un examen auditif et visuel du patient. Le port d?un appareil auditif et/ou de lunettes mieux adaptées permettent de prévenir bon nombre de désagréments et peuvent probablement rendre aux personnes âgées le contact qu?elles avaient perdu avec leur entourage.

La communication

Si une personne éprouve des difficultés à communiquer avec les autres, oralement ou par écrit, à comprendre ce que les autres personnes disent ou écrivent, à effectuer des mouvements précis, à s?orienter dans le temps et l?espace, à reconnaître les couleurs et les formes, il faut d?abord s?assurer qu?il ne s?agit pas d?aphasie (un trouble de l?expression consécutif à des lésions cérébrales).

De telles manifestations peuvent également être la conséquence d?une fracture du crâne ou d?un accident vasculaire cérébral (thrombose). Il est absolument capital de faire une distinction claire entre l?aphasie et la maladie d?Alzheimer. En effet, s?il est atteint d?aphasie, le patient peut récupérer certaines facultés. Pas dans le cas de la maladie d?Alzheimer.

Le traitement médicamenteux

Souvent, les personnes plus âgées consomment des médicaments en tous genres qui peuvent déclencher des symptômes ou des effets secondaires qui font penser à la maladie d?Alzheimer.
Ainsi, la distraction, les déficiences de mémoire passagères, la confusion, des tremblements et une lenteur dans les réactions sont des effets qui peuvent être imputables à des médicaments.
Avant de poser le diagnostic de la maladie d?Alzheimer, le médecin doit répertorier soigneusement les médicaments qu?absorbe le patient. En lui prescrivant des remèdes mieux adaptés et en évitant des associations délétères, il est possible de prévenir bon nombre de désagréments.
Il arrive souvent qu?après avoir opéré une certaine réduction dans la quantité de médicaments absorbés, les personnes âgées redeviennent soudain nettement plus accessibles et plus proches du monde dans lequel elles vivent.

Les dépressions

Chez les sujets âgés, on attribue beaucoup trop facilement les états dépressifs à une altération mentale et l?ombre d?Alzheimer fait trop vite son apparition. Et pourtant, la cause d?une dépression peut être liée à des problèmes tout à fait autres qui vont de pair avec le vieillissement.
Chez une personne âgée, la disparition d?un parent ou d?un être cher peut provoquer des dépressions graves, des angoisses et un comportement apathique. Dans de telles éventualités, le patient doit se voir proposer une assistance psychologique qui l?aidera à surmonter ses angoisses.

La perte des facultés mentales

On accepte trop aisément que la déficience des facultés mentales soit un phénomène normal lié au processus de vieillissement. Certaines fonctions cérébrales meurent avec le temps. En général, c?est la mémoire à court terme qui est affectée en premier lieu, mais cela ne signifie pas pour autant que les véritables facultés mentales soient déjà touchées.
Ce n?est pas parce que l?on éprouve quelques difficultés à se souvenir d?événements qui se sont produits la veille ou la semaine passée qu?il s?agit d?un signe direct d?une démence de type Alzheimer. Par ailleurs, des troubles de ce type ne sont pas de nature à perturber fondamentalement la vie quotidienne.

Autres symptômes de la démence

La démence est une altération irréversible des fonctions intellectuelles, une détérioration mentale qui s?accompagne d?un certain nombre de signes extérieurs. Les causes de la démence sont variées et, dans deux cas sur trois, il s?agit de la maladie d?Alzheimer.

Une autre cause très fréquente de démence est la thrombose (?stroke? en anglais), un accident vasculaire cérébral imputable à l?artériosclérose qui empêche pendant un certain temps l?irrigation sanguine du cerveau. Les cellules cérébrales non approvisionnées en sang meurent et des dommages irréversibles sont ainsi causés. La gravité d?une thrombose est fonction de l?ampleur de l?infarctus cérébral. Certains patients se rétablissent complètement et peuvent reprendre une vie normale.

La démence secondaire peut avoir plusieurs causes?: le syndrome (ou psychose) de Korsakoff (déficit en vitamine B1), un traumatisme crânien (par exemple, chez les boxeurs), une grave crise d?épilepsie, la syphilis.

D?autres facteurs peuvent donner lieu à des syndromes qui sont fort similaires à une démence, sans qu?il s?agisse réellement de cette affection.
De tels états sont généralement réversibles. Ces syndromes sont dus à des maladies endocriniennes, à un état dépressif, au stress, à une carence en vitamine B12, à l?abus d?alcool, à une tumeur du cerveau, à des infections graves ou à des troubles du rythme cardiaque.

Pour être certain: consulter le médecin

La maladie d?Alzheimer ne peut pas être associée avec n?importe quelle perte de mémoire ou une simple confusion de date ou de lieu. De tels problèmes peuvent survenir chez tout un chacun, même chez des sujets jeunes. Parfois, le début de la maladie d?Alzheimer est tellement discret qu?elle n?est pas identifiée. Ou encore, le comportement des personnes âgées est tellement étrange que l?on croit y voir une démence alors que cela n?en est pas une.

Pour savoir avec certitude si un patient souffre de la maladie d?Alzheimer, un diagnostic médical approfondi est essentiel.
La procédure est longue et pénible, tant pour le patient que pour son entourage. L?objectif consiste à pouvoir exclure toutes les autres pathologies éventuelles.
L?examen débute par un entretien entre le médecin, le patient et ses proches. Dans un premier temps, le médecin peut ainsi estimer la gravité de la maladie.
Il doit connaître les médicaments que prend le patient car ces produits sont susceptibles de provoquer des effets secondaires fort similaires aux symptômes de la maladie d?Alzheimer.
Le médecin doit aussi savoir si le patient consomme de grandes quantités d?alcool et connaître ses habitudes alimentaires.
La seconde étape consiste en un examen clinique qui comprend, notamment, toute une batterie de tests neurologiques.
Cet examen permet de dépister des infections éventuelles, de même que des affections vasculaires ou endocriniennes.

Ensuite, on procède à des analyses de laboratoire dans le but de déceler des formes de démence réversibles éventuelles. De telles démences peuvent être attribuées à un mauvais fonctionnement de l?hypophyse, à une carence en vitamine B12, etc.
Dans le cadre de l?étape suivante, on procède à un examen radiologique (scanner).

Ensuite, c?est le tour des analyses
techniques telles qu?un électrocardiogramme et une échographie du coeur et des carotides, dans le but de déceler des caillots de sang éventuels ou encore des lésions des valvules cardiaques, des calcifications, un rétrécissement ou une obstruction des artères de la tête.

Enfin, un examen neuropsychologique est indispensable pour clore le processus diagnostique. Une série de tests doit permettre au médecin ou au spécialiste d?avoir toute certitude en ce qui concerne la capacité d?orientation du patient dans le temps et l?espace, son pouvoir de concentration et sa mémoire.